“IL FAIT BON VIVRE AUJOURD’HUI ET IL FAUT PRESERVER CA” – RESIDENCE “ST JOSEPH” – FAY DE BRETAGNE

OUEST France le 04/05/2017

En petit comité, Annick évoque son livre à la résidence Saint-Joseph.
À travers un livre, écrit avec l’aide d’une auteure, Annick Certain a adressé un message à ses petits-enfants. Il vaut pour d’autres, et entre en résonance avec l’actualité.
Annick Certain est née en 1925 à Fay, plus précisément au village de la Mordelais. Elle coule actuellement des jours heureux, à la résidence Saint-Joseph. Il y a quelque temps, ses deux filles et ses petits-enfants l’ont sollicitée pour raconter son histoire, sa vie, dans un livre. Après une longue hésitation, elle a décliné : « J’ai toujours aimé écrire mais de là à écrire un livre ! » Ses enfants l’ont alors mise en relation avec l’écrivaine Christine Carmona, qui, au fur et à mesure de leurs rencontres, a retranscrit son histoire.
La parution de son livre, Annick de 1925 aux années 2000, se limitera au cercle familial et aux amis (1). Au fil de la lecture, on découvre sa façon d’être, de vivre. « C’était une vie difficile, mais on ne s’en rendait pas compte, car c’était pour tout le monde pareil. La guerre a changé la vision de la campagne. Je me souviens de la messe du dimanche. Notre curé insistait pour que l’on reste aux champs, prétextant que si l’on partait en ville, on allait perdre notre âme. »
La brique, le cochon et la 4L
Elle raconte comment ses aînés, d’une dizaine d’années seulement, avaient un comportement différent. « Nous, on se retrouvait en petits groupes pour parler de tout et de rien. » On partage aussi volontiers avec Annick, la chaleur des draps, avec la brique brûlante mise au fond du lit, les festivités quand les familles tuaient le cochon et se retrouvaient ensemble.
Puis, il y a eu la rencontre avec Jacques qui deviendra son mari, en 1953. « À l’époque, on faisait toutes les maisons, le dimanche, pour inviter les gens à nos noces. Il fallait des mois pour visiter tous les invités. »
On y apprend aussi que le matin de son mariage, elle a débuté sa journée très tôt par la traite de ses vaches. Puis, dans les années 1950, la naissance de ses deux filles et, plus tard, sa première voiture. La liberté! « J’aimais bien conduire. Il n’y avait pas beaucoup de femmes qui avaient le permis, sauf celles des fermes, à cause des tracteurs. On avait le permis, mais on ne savait pas vraiment conduire ! Mon mari n’aimait pas conduire, moi si ! Tous les deux, on partait sur les routes avec la 4L. »
Son livre évoque également le droit de vote des femmes. « C’est un message que j’ai voulu adresser à mes petits-enfants. Il fait bon vivre aujourd’hui et il faut préserver cela car rien n’est acquis ! ».
(1) Le livre Annick de 1925 aux années 2000 est disponible à la médiathèque la Grange, 2, rue Georges-Sicard.

REPORTAGE “Elles racontent l’école d’hier aux enfants” – Résidence “L’ENCHANTERIE” A NANTES

OUEST France le 02/12/2016

A Nantes, la doyenne, Yvette Duval, mais aussi Suzanne ou Émilienne racontent leur école aux jeunes visiteurs.
Belle rencontre à la résidence de l’Enchanterie, à Doulon. Des collégiens et les pensionnaires ont échangé sur leurs écoles, entre tableau noir et ordinateur.

Près d’un siècle sépare la doyenne des jeunes visiteurs du jour. Un siècle et des tonnes de choses à échanger pour se raconter les deux écoles. Celle du tableau noir, de l’encre violette et de la sacro-sainte leçon de morale, confrontée à celle des voyages linguistiques et de l’ère numérique.

« Nous travaillons depuis plusieurs mois sur l’intergénérationnel et sur l’évocation des souvenirs d’école. Nous avons ainsi recueilli les témoignages de plusieurs de nos 82 résidents », explique Delphine Texier, gouvernante de la résidence de l’Enchanterie. Pour favoriser ce travail de mémoire, l’établissement a commencé par accueillir les documents présentés par l’Association pour la conservation de la mémoire de l’école à Nantes et en Loire-Atlantique.
« Cela a éveillé les mémoires et délié les langues pour pouvoir consigner les souvenirs », reconnaît Delphine Texier. Mardi, douze élèves de 6e du collège Blanche-de-Castille, accompagnés par soeur Marie-Dolorès, sont venus écouter les souvenirs des écoliers du XXe siècle. À l’image d’Yvette Duval, qui vient de souffler ses 104 bougies, de Suzanne Fleureau, ancienne institutrice, ou d’Émilienne, 93 ans, qui se souvient des 4 km à parcourir à pied, matin et soir : « J’avais les jetons des bêtes qui s’envolaient dans les arbres. »
Une découverte pour la plupart des collégiens, surpris et attendris par les témoignages des anciens. « Pas si surpris, remarque toutefois un des jeunes participants. Ma mère a grandi dans un village pauvre de Turquie et ce qu’elle me raconte parfois ressemble à ça. »
« On mangeait sous le préau »
Pour les collégiens, les interrogations vont davantage vers les conditions matérielles des écoliers du temps jadis. « Nous, on travaille avec l’ordinateur, on fait des arts plastiques et de l’anglais », racontent-ils à leurs aînés. « Nous, on mangeait sous le préau ce que les parents nous avaient donné. Et ce n’était pas gras. À la campagne, on n’avait même pas de WC, on faisait nos besoins dans la nature », rétorquent Émilienne, Yvette et Suzanne, expliquant aux jeunes les guéguerres « entre l’école du bon Dieu et l’école du Diable ».
Les échanges intergénérationnels ainsi entamés à l’Enchanterie se poursuivront aussi avec l’école Don-Bosco et la crèche La maison de Nanou. De quoi rapprocher un peu plus les aînés des générations futures.

 

 

JOURNEE INTERGENERATIONNELLE ENTRE AINEES ET ETUDIANTES – EHPAD “ST JOSEPH” A FAY DE BRETAGNE

OUEST France le 14/12/2016

Quatre étudiantes et quatre aînées de la résidence Saint-Joseph ont partagé une journée ensemble. |
Dans le cadre de leur baccalauréat professionnel Services aux personnes et aux territoires, quatre étudiantes du lycée Saint-Clair de Blain devaient valider un module en mettant en place un projet. Elles ont décidé de s’orienter vers les personnes âgées, plus précisément celles de la résidence Saint-Joseph.
Quelques rendez-vous sur place avec l’équipe responsable ont permis à nos quatre étudiantes de préparer au mieux cette journée intergénérationnelle, qui a eu lieu jeudi. Le jour J, accompagnées de quatre résidantes, elles ont d’abord déjeuné au restaurant Le Break, à Blain. Ensuite, elles sont allées flâner et faire du lèche-vitrines dans une galerie marchande.
« C’était tellement sympathique qu’on leur a offert un joli foulard à chacune, précise Camille, une étudiante. Un petit cadeau de Noël en quelque sorte. »
Cette journée intergénérationnelle s’est terminée à la résidence autour d’un goûter, un moment qui leur a permis d’échanger sur la façon de vivre d’aujourd’hui et celle d’autrefois.